4e Rencontres du fonds d’épargne : le fonds d’épargne, « un levier central mobilisé en faveur des territoires »

Ces 4e Rencontres du fonds d’épargne se sont placées sous le signe de l’épargne, des territoires et des défis de la rénovation. Riche en débats, cet évènement fut l’occasion pour la Caisse des Dépôts et l’Union sociale pour l’habitat (USH) de réaffirmer leur partenariat et leur relation de confiance.

Sylvia Pinel, ministre du logement, de l’égalité des territoires et de la ruralité, est intervenue en clôture, soulignant « le levier central du fonds d’épargne dans la mise en œuvre de la politique nationale en faveur de l’habitat, de la mixité sociale et de l’investissement local ».

Le rôle central du fonds d’épargne réaffirmé

Dans son intervention, Sylvia Pinel est en effet revenue sur le rôle essentiel de la Caisse des Dépôts. « Forte de son expérience et de son réseau local, la Caisse des Dépôts est le partenaire privilégié des territoires [...] c’est un outil pleinement opérationnel, utilisé au plus près des réalités du terrain, une clé pour faire vivre l’égalité entre les territoires, et entre les citoyens ».

Pierre René-Lemas, directeur général du groupe Caisse des Dépôts, intervenu aux côtés de la ministre en clôture, a réaffirmé toute sa confiance dans le modèle du fonds d’épargne, « un modèle de transformation unique de l’épargne populaire en prêts de long terme au service de l’intérêt général. Le fonds d’épargne a pleinement joué son rôle contracyclique et de soutien à l’activité ».

Pierre-René Lemas. Photo © Eric Couderc -  voir en grand cette image

Il a rappelé que les 20 Md€ de prêts signés chaque année contribuent directement à la croissance, à l’emploi. Un logement construit sur trois en France est un logement social financé par la Caisse des Dépôts.
Pierre-René Lemas a ensuite illustré la capacité d’innovation du fonds d’épargne avec notamment la mise en place d’une nouvelle gamme de prêt à la réhabilitation. Il a enfin insisté sur l’importance de rester « à l’écoute des besoins » et de se fixer comme objectif d’accompagner les grandes transitions du pays, énergétique et environnementale, démographique, mais aussi numérique, et territoriale.

La Caisse des Dépôts et l’USH : une relation historique et de confiance

Odile Renaud-Basso et Jean-Louis Dumont. Photo © Eric Couderc -  voir en grand cette image

Odile Renaud-Basso, directrice générale adjointe du groupe Caisse des Dépôts, directrice du fonds d’épargne, et Jean-Louis Dumont, président de l’Union sociale pour l’habitat, ont introduit ces rencontres en réaffirmant la relation de confiance entre le mouvement HLM et la Caisse des Dépôts. Pour Odile Renaud-Basso, « dans un contexte où les problématiques de logement sont extrêmement importantes, la Caisse des Dépôts souhaite accompagner le mieux possible l’ensemble des acteurs du logement social ».

Pour les deux partenaires, les efforts en matière de transition énergétique et écologique sont prioritaires. Jean-Louis Dumont a souligné la nécessité de « s’attaquer de front au problème de l’amiante » ; Odile Renaud-Basso est quant à elle revenue sur la gamme de prêts à la réhabilitation du Fonds d’épargne, soulignant son élargissement, avec la création d’un prêt au taux très privilégié de 0,25 % pour financer les surcoûts liés au désamiantage, ainsi que les efforts de simplification faits sur l’éco-prêt.

Le fonds d’épargne et l’épargne réglementée décryptés

Odile Renaud-Basso et Eric Flamarion. Photo © Eric Couderc -  voir en grand cette image

Odile Renaud-Basso et Eric Flamarion, directeur financier du fonds d’épargne, ont ensuite répondu à 4 questions sur le fonds d’épargne, les participants à ces rencontres ayant été sollicités en amont. Les questions ont principalement porté sur la décollecte de ces derniers mois, le taux du livret A, l’impact de l’augmentation des prêts au secteur public local sur les bailleurs et sur le refus croissant des collectivités à garantir les prêts. Odile Renaud-Basso a rappelé à cette occasion « qu’en dépit de la très légère décollecte (au regard des collectes record des années précédentes), le fonds d’épargne avait les ressources pour consentir les prêts nécessaires » et qu’il fallait pour le taux du livret A « opérer des arbitrages équilibrés entre la rémunération de l’épargnant et les taux des prêts ».

Les Rencontres se sont poursuivies par l’intervention de Ludovic Halbert, chercheur du CNRS au sein du Laboratoire Techniques, territoires, sociétés (Latts), qui a présenté les conclusions d’une étude sur la circulation de l’épargne réglementée (livret A, LDD et LEP) en France.

Ludovic Halbert. Photo © Eric Couderc -  voir en grand cette image

La Caisse des Dépôts, ayant sollicité cette étude, note que l’épargne collectée centralisée à la Caisse des Dépôts bénéficie directement à l’économie du territoire où elle a été déposée. En effet, 85 % de cette épargne est investie dans le même département. Les 15 % restants se déplacent en fonction des besoins de financement de projets d’intérêt général sur le reste du territoire, en particulier pour la construction de logements sociaux.

> Accédez à l’étude « la circulation de l’épargne réglementée »

Innover pour relever les défis des territoires ?

Première table ronde : Josselin Kalifa, directeur des prêts et de l'habitat, Caisse des Dépôts, Aline Archimbaud, sénatrice et vice-présidente de la commission des affaires sociales, Jacques Pestre, directeur général de Saint-Gobain distribution bâtiment France, Norbert Hieramente, président du groupe Aliance Territoires et de Domofrance, Bertrand Delcambre, ambassadeur du numérique dans le bâtiment. Photos © Eric Couderc -  voir en grand cette image

Deux tables rondes ont été organisées afin de donner la parole aux acteurs du terrain. La première, sur le thème « Innover pour relever les défis ? » s’est attachée aux trois priorités fixées par les pouvoirs publics : le traitement de l’amiante, la transition énergétique et la transition numérique. Pour la sénatrice et vice-présidente de la commission des affaires sociales, Aline Archimbaud, le désamiantage doit faire l’objet d’une coordination et d’un pilotage national, en raison de sa complexité et du manque d’informations sur le sujet. « Toutes les conditions de sécurité doivent être réunies pour mener ce type d’opération », a fait savoir la sénatrice.

Côté transition numérique, les nouvelles technologies, à l’instar de la maquette numérique, doivent être au cœur de la rénovation. Cette dernière, également appelée le BIM, en anglais Building information model (modélisation des données du bâtiment), permet de partager les données de construction ou de rénovation d’un bâtiment entre tous les intervenants. Pour Bertrand Delcambre, ambassadeur du numérique dans le bâtiment, outre l’efficacité et la maîtrise des coûts, « le numérique est une clé essentielle de l’avenir du bâtiment ».

Rénover pour créer de la valeur dans les territoires

Seconde table ronde : Stéphane Dauphin, directeur général de Nantes Habitat, Nicolas Grivel, directeur général de l'ANRU, Benoît Quignon, directeur général de la Métropole de Lyon, Jean-François Debat, président délégué de Villes de France, Frédéric Paul, délégué général de l'Union sociale pour l'habitat. Photos © Eric Couderc -  voir en grand cette image

La seconde table ronde, « Rénover pour créer de la valeur dans les territoires », s’est concentrée sur la rénovation urbaine avec notamment la nécessité de « recréer de l’activité économique à destination des habitants touchés par le chômage » selon Jean-François Debat, président délégué de Villes de France.

Nicolas Grivel, directeur général de l’ANRU a quant à lui souligné que « la nouvelle politique de la ville et la nouvelle politique de rénovation urbaine ne devaient pas seulement s’adresser aux grandes métropoles et aux grands quartiers […] le nouveau programme concernant le logement social mais aussi l’habitat privé ». Le préfinancement d’1 Md€ proposé par le fonds d’épargne a été cité comme étant un facteur d’accélération indéniable de ces opérations.